Dictature financière et commerce inégal
De différents points de vue, si nous tendons bien les oreilles et ouvrons bien les yeux, nous remarquerons que de nos jours, nos vies et les politiques économiques et sociales mises en application par les gens qui nous gouvernent sont guidées par une logique purement financière. En considérant la crise qui prévaut depuis quelques années et ses conséquences sur l’emploi / chômage, la perte du pouvoir d’achat, l’accès aux soins médicaux etc. il ne faut pas avoir honte de penser et de dire que le système capitaliste dans sa forme actuelle est en panne. Il faut que les gens sachent que des alternatives existent. Nous ne sommes pas dans un monde bipolaire. En dehors du capitalisme sauvage, il n’y pas que le communisme staliniste. Il y a d’autres pistes qu’il faut sérieusement explorer si nous aspirons à une vie meilleure pour nous et pour les générations futures.
FMI et Banque Mondiale : Fonctionnement
Le FMI, comme la Banque Mondiale n’a jamais eu pour ambition d’être une institution d’aide au développement. Chaque prêt octroyé à un gouvernement est conditionné par l’application d’une politique et d’une idéologie néolibérale qui comprend :
La « Libéralisation » de l’économie qui se concentre sur l’extraction des ressources et l’exportation.
La réduction du rôle de l’Etat
La diminution des dépenses publiques notamment dans l’éducation et la santé.
La privatisation est encouragée ainsi que la diminution de la protection des industries locales.
D’autres politiques d’ajustement comprennent la dévaluation des monnaies locales, une augmentation des taux d’intérêts, la flexibilité du marché du travail, l’élimination des subventions (sur les produits alimentaires par exemple).
Diverses régulations sont éliminées afin d’attirer davantage les investisseurs étrangers
Ces pré-requis pour avoir accès aux financements peuvent avoir des effets dévastateurs. Les facteurs suivants peuvent conduire à plus de pauvreté et pousser les pays en développements à rester toujours dépendants des pays développés:
Les pays pauvres doivent exporter plus pour avoir accès aux devises et ainsi pouvoir rembourser le prêt du FMI
Comme plusieurs pays en développement sont simultanément encouragés à se concentrer sur des produits d’exportation similaires, une guerre des prix s’installe sur le marché global et on assiste à ce qui est appelé une course vers le bas.
Avec le temps, La valeur de la force de travail diminue, les flux des capitaux deviennent plus volatiles
Des millions d’enfants finissent ainsi par mourir tous les ans à cause de maladies et de la pauvreté. Selon les chiffres de l’UNICEF, encore environ 8.8 millions d’enfants sont décédés en 2008 avant d’atteindre leur 5ème anniversaire.
Dans ces termes d’échanges globaux fixés par les institutions financières internationales, les pays pauvres se retrouvent en général perdants au change. En effet :
Vue la concurrence internationale évoquée plus haut, les prix des produits non finis exportées sont en baisse.
Les pays en développement importent des pays développés des produits finis beaucoup plus chers que les produits exportés.
Par ailleurs, ces produits non finis engendrent une circulation d’argent inférieure dans les pays en développement que la circulation d’argent engendrée plus tard par les produits finis dans les pays développés (En considérant le fait qu’il y ait plus d’intervenants, de fournisseurs etc.). De ce fait, l’apport de ses produits au PNB des pays en développement est inférieur à l’apport de ces produits au PNB des pays développés. Plus simplement, les pays pauvres auront tendance à rester pauvres ou à s’appauvrir davantage.
Finalement, ce système mis en place par les anciens empires coloniaux et leurs banquiers assure que ces pays développés continuent bien après les mouvements anticoloniaux du XXème siècle à avoir accès aux ressources naturelles et à la main d’œuvre à bas prix des pays en développement. Ceci explique pourquoi les institutions financières internationales financent d’abord l’infrastructure routière. En même temps, les pays développés s’assurent un accès à un marché global pour écouler leurs produits manufacturés.
Avant la deuxième guerre mondiale, les pays en développement étaient mieux payés pour leurs biens et main d’œuvre ce qui leur permettait de payer leurs dettes. Apres la deuxième guerre mondiale, les empires coloniaux ont repris control du commerce inégal en baissant les prix de leurs importations et en augmentant les prix de leurs exportations.
En 1970, les 20% les plus pauvres de la population mondiale recevaient 2.2% du revenu mondial (*) alors que les 20% les plus riches recevaient 70% du revenu mondial. En 1990, les 20% les plus pauvres recevaient 1.4% du revenu mondial alors que les 20% les plus riches recevaient 83.4% du revenu mondial. En lisant ces chiffres, il est difficile de croire que le but d’institutions telles que le FMI ou la Banque Mondiale est de développer les pays pauvres.
Je conclurai ce post en empruntant la phrase de Vincent Verschoore : « La mère des guerres à venir est celle de la société humain contre la machine à broyer de la toute-puissance financière, il devient urgent de s’en apercevoir et de sortir des schémas idéologiques du 19ème et 20ème siècle. »
(* )J.W. Smith, Economic Democracy: The Political Struggle of the Twenty-First Century, 4th Edition, Août 2005.

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